Si toutes les femmes se sentaient bien dans leur peau, beaucoup d’industries feraient faillite. En 2021, l’industrie de la perte de poids représentait 224 milliards de dollars ; elle pourrait atteindre 405 milliards en 2030.
Et ce chiffre ne concerne qu’un seul secteur!
L’agro-alimentaire ultra-transformé, la beauté, la chirurgie esthétique, les compléments miracles : tous prospèrent grâce à une relation compliquée entre les femmes et leur image.
Ce conditionnement culturel n’est pas un hasard — il est devenu un moteur économique colossal. Alors posons-nous la question : que se passerait-il si nous apprenions toutes à changer de regard sur nous ?
L’économie du mal-être féminin : un business colossal
Un marché basé sur l’idée que le corps féminin doit être corrigé
Depuis des décennies, le corps des femmes est présenté comme un chantier permanent.
Une bataille perpétuelle contre :
- les kilos
- les rides
- la cellulite
- les vergetures
- le vieillissement
- l’appétit et les émotions
Chaque « défaut » devient une opportunité commerciale.
Des milliards générés par l’insatisfaction corporelle
L’industrie de la perte de poids et du « corps parfait » est vertigineuse. Rien qu’en 2021, elle représentait environ 224 milliards de dollars, avec une projection vers 405 milliards en 2030.
D’une étude à l’autre les chiffres varient un peu, mais on n’est plus à quelques milliards près quand on a atteint ces niveaux-là.
Si on appuie sur pause deux minutes et qu’on regarde toutes les industries que fait vivre le rapport au corps et à l’image compliqué des femmes, c’est assez dingue :
- Agro-alimentaire : Light, zéro, allégé, substituts, compléments « brûleurs »
- Industrie des régimes : Programmes, challenges, poudres hyperprotéinées, applis minceur
- Pharmaceutique : Coupe-faim, médicaments pour le poids, solutions injectables
- Beauté : Anti-rides, anti-cellulite, anti-vergetures, crèmes amincissantes
- Esthétique : Botox, chirurgie, cryolipolyse, liposuccion, soins « détox »
Tout cela se nourrit de la culpabilité, de l’insatisfaction, de l’urgence de changer son corps. Cela veut dire que non seulement l’insatisfaction féminine est exploitée, mais aussi qu’elle devient un moteur économique puissant.
Chaque souffrance devient un produit. Chaque insécurité devient un marché.
Pourquoi c’est révoltant ?
Parce que ça rapporte. Beaucoup.
Plus l’insécurité féminine augmente, plus ces industries prospèrent.
Et elles ont tout intérêt à ce que tu restes insatisfaite.
Quand on voit ça, on se dit pas étonnant que l’on fasse tout pour que notre société devienne une société en surpoids.
- L’industrie agro-alimentaire a tout intérêt à continuer de pousser ses produits ultra-transformés et d’encourager notre point de félicité et notre circuit de la récompense pour nous faire consommer toujours plus et grossir toujours plus.
- La presse a tout intérêt à ce que les femmes continuent de viser un idéal illusoire et de chercher le corps parfait pour l’été.
- L’industrie pharma a tout intérêt à vendre des remèdes contre l’obésité qui ne cesse d’augmenter
Bref, beaucoup d’argent est fait sur la souffrance, la vulnérabilité, l’image. C’est profondément injuste. Mais c’est aussi dommageable pour nous : stress, alimentation émotionnelle, comparaison permanente, perte de sens.
C’est un cercle parfaitement huilé :
Je me compare → je me sens mal → j’achète → je culpabilise → je recommence
Et lorsqu’on conditionne une femme dès l’adolescence à croire que sa valeur se mesure à son apparence…
Il n’y a plus besoin de la convaincre — elle consomme d’elle-même.
Comment reprendre le pouvoir sur ton corps et ton alimentation ?
Dis-toi bien tu n’es pas condamnée à ce cycle et que tu as le pouvoir de déconstruire ce conditionnement.
La liberté, ça s’apprend.
Voici des leviers puissants actionnables rapidement :
Manger moins transformé
Réduire les ultra-transformés, privilégier le réel, l’intuitif. Non pas pour « mincir », mais pour pouvoir te reconnecter à tes sensations.
Couper les réseaux sociaux
Limite l’exposition aux images toxiques, aux injonctions permanentes.
Se désabonner de comptes toxiques pour la santé mentale
L’environnement façonne ta perception, choisis-le, ne le subis plus, et fais en sorte qu’il soit bien plus bienveillant pour toi.
Se reconnecter au corps (au lieu de le contrôler)
Se questionner sur :
- Sa faim
- Ses envies
- Ses besoins
- Ses ressentis émotionnels
Apprendre à changer son regard sur soi
En changeant d’approche :
Pas de régime.
Pas de contrôle strict.
Pas de moralisation du corps.
Mais en se regardant, se touchant, s’écoutant, et surtout en se parlant comme on parlerait à sa meilleure amie.
Vers une économie du bien-être, pas de la souffrance
Ce problème ne se limite pas à l’individu. Il est structurel, sociétal.
Lorsque tant d’industries gagnent à ce que nous ne soyons pas bien dans notre peau, cela devient un système.
Et si le bien-être devenait rentable ?
Et si les industries prospéraient lorsque les femmes se sentent alignées, libres, sereines ?
Mais pour que ça puisse arriver, à nous d’apprendre à nous indigner de toutes ces injonctions faites au corps des femmes et de tous ces idéaux “irréalistes” véhiculés.
Nous libérer et nous détacher de ce conditionnement est en réalité bien plus qu’un acte féministe, mais un acte économique puissant.
Chaque femme qui se réconcilie avec son corps, son image, son alimentation, a le pouvoir de changer l’économie, et plus largement la société.
